Chery ouvrira un centre R&D au Royaume-Uni fin 2026
Chery prévoit d’ouvrir fin 2026 un centre de R&D sur le site d’UTAC Millbrook, au Royaume-Uni. Le groupe chinois veut y affiner châssis, ADAS et modèles électrifiés pour mieux répondre aux attentes européennes, notamment en France.

L'essentiel
- Chery annonce l’ouverture fin 2026 d’un centre de R&D sur le site d’UTAC Millbrook, dans le Bedfordshire
- Le futur site travaillera sur le châssis, le comportement routier et les aides à la conduite pour le marché européen
- Omoda et Jaecoo servent déjà de base de déploiement local, avec un Royaume-Uni stratégique pour tester les réglages
- Pour la France, des modèles mieux calibrés peuvent mieux répondre aux attentes liées aux ZFE, à Crit'Air et au malus écologique
Chery ne veut plus seulement vendre des voitures en Europe : le groupe chinois prépare désormais son adaptation sur le terrain. Fin 2026, il ouvrira au Royaume-Uni, sur le site d’UTAC Millbrook, un centre de R&D destiné à ajuster plus finement ses modèles, en particulier électrifiés, aux routes et aux attentes locales.
Derrière cette annonce, l’enjeu dépasse le seul marché britannique. Pour un constructeur encore en phase d’installation hors de Chine, disposer d’une base d’ingénierie au plus près des usages européens peut peser sur le comportement routier, les aides à la conduite, l’homologation et, à terme, la crédibilité de ses futurs modèles sur des marchés comme la France.
Ce que Chery annonce pour son futur site britannique
Chery vise une ouverture à la fin de l’automne 2026 pour ce centre de R&D installé chez UTAC Millbrook, dans le Bedfordshire. Le constructeur précise que le site sera intégré à son réseau mondial de recherche et développement, et non cantonné à un simple rôle local. Les premiers travaux porteront sur le châssis, le comportement routier et les systèmes d’aides à la conduite, avec une logique de mise au point au plus près des conditions britanniques. En creux, l’annonce traduit un changement de méthode : passer d’une stratégie d’importation à une présence d’ingénierie plus durable sur place.
Pourquoi le Royaume-Uni est-il stratégique pour Chery ?
Pour Chery, le Royaume-Uni sert d’abord de laboratoire grandeur nature pour Omoda et Jaecoo, deux marques déjà bien lancées localement. Le choix est logique : les marques chinoises y gagnent vite du terrain, avec environ 15 % des immatriculations neuves au premier semestre 2026 selon la SMMT. Être au contact direct des clients permet aussi de corriger des réglages trop génériques, souvent pensés pour d’autres marchés. En s’installant chez UTAC Millbrook, le groupe profite en plus d’infrastructures d’essais reconnues. Et cette base d’ingénierie peut aussi préparer, à moyen terme, une présence industrielle plus large.
Comment ce centre va-t-il adapter les voitures au marché européen ?
Concrètement, le travail portera sur des réglages bien plus fins que ceux d’un simple modèle importé. Les ingénieurs pourront recalibrer suspension, direction et amortissement pour des routes étroites, des ronds-points fréquents, des virages serrés ou des chaussées dégradées. L’objectif est d’obtenir un meilleur compromis entre confort et tenue de route, avec un comportement plus naturel pour des conducteurs européens souvent sensibles au ressenti de conduite. Ce type de mise au point compte aussi pour les électriques et hybrides, dont le poids et la récupération d’énergie influencent fortement l’équilibre général du véhicule.
ADAS, châssis et retours clients au cœur du programme
Le centre doit aussi rapprocher les essais terrain des retours clients pour ajuster plus vite les ADAS : lecture des ronds-points, gestion du trafic dense, calibration des alertes ou fluidité des aides au maintien dans la voie. À Millbrook, Chery pourra également élargir ses travaux vers la conduite automatisée et l’intelligence artificielle, avec l’idée de valider plus tôt des solutions adaptées aux usages européens plutôt que de les corriger après lancement.
Quels effets pour la France et le marché auto européen ?
Pour la France, l’intérêt est clair : une ingénierie locale peut donner à Chery une crédibilité plus solide qu’un simple rôle d’importateur. Des modèles mieux calibrés pour les routes européennes, plus efficients et plus cohérents avec les attentes d’homologation, peuvent mieux répondre aux contraintes françaises : bonus ou malus écologique, usages en ZFE, vignette Crit'Air et coût d’usage des motorisations électrifiées. Ce travail de mise au point peut aussi rassurer les flottes comme les particuliers sur la tenue de route, la sécurité perçue et l’agrément. Surtout, il confirme l’accélération des constructeurs chinois en Europe.
Points à surveiller dans les prochains mois
- La première vérification sera le respect du calendrier annoncé pour la fin de l’automne 2026, ainsi que le rythme des recrutements d’ingénieurs locaux.
- Il faudra aussi voir quels modèles, et quelles marques du groupe, seront réellement développés ou recalibrés à Millbrook.
- La place donnée aux électriques et aux technologies batterie dira l’ambition réelle du site.
- Autre indicateur clé : un éventuel passage de l’ingénierie à une production britannique.
- Enfin, ces choix pèseront directement sur l’offensive commerciale de Chery en Europe occidentale.











